mardi 24 janvier 2012

Krakow Style

Visite de Cracovie la semaine dernière, on y est resté 7 jours. (Le résultat du Ryan-Air Party.)
Sincèrement, je ne sais trop quoi en dire.
Le voyage était génial, pourtant il reste quelque chose qui m'empêche de décrire ce que j'aimerais dire. Quelque chose comme une blessure béante qui reste dans cette ville, quelque chose comme l'entretien quotidien et volontaire de cette blessure.
Je dirais que cette ville n'arrive pas à passer par dessus tout ce qui est arrivé, et c'est très compréhensible, comprenez-moi bien, mais par de petites touches, des détails, on voit qu'il y a un enfermement collectif sur leur eux-mêmes. Comme pour se guérir. Les gens ne parlent pas anglais. N'approchent pas les touristes. Ils nous ont regardé toute la semaine, tout le monde savait que l'on ne venait pas de Pologne, on détonait, oui, mais pas au point de se faire observer à ce point. Il y a aussi une rigueur dans tout ce qui est autorité. On s'est pris une amende dans le tramway, et un moine nous a suivi pas à pas de peur qu'on ne paie pas le 50 centimes qui lui était dû pour visiter une église.
Tout cela fait de Krakow (pour les intimes) une ville tellement... tellement... indescriptible. À la fois européenne (et donc moins déstabilisante) et à la fois une ville à part, unique (et donc déstabilisante). Bien sûr, le paroxysme du voyage a été la visite d'Auschwitz. Sans rapporter toutes les horreurs que l'on y voit (et qu'il FAUT voir), vous irez vous-mêmes, ce qui m'a frappé a été le martyr que représente l'emploi quotidien des pauvres guides touristiques. Ils se trouvent à répéter inlassablement l'indicible, encore et encore. Vraiment, celui qui nous a fait faire le tour des deux camps avait un air tellement blasé, je n'en avais encore jamais vu un comme celui-là.
Après avoir entendu mes amies me raconter comment Berlin est en pleine reconstruction culturelle, pleine d'espoir, voir Cracovie dans un état presque paralytique est l'apparition d'une cruelle vérité. Se remettre de ce que l'on a fait, ça va, de ce que l'on a subi, pas sûr.

Sur une note plus joyeuse, il faut dire que la vodka est bonne, et qu'il y a pleins de petits endroits, restos et bars, absolument géniaux. Le Propaganda restera dans mon coeur. La soupe à l'oignon du petit resto tout à côté aussi. Oh! et l'équivalent de la poutine cracovienne sous forme de pizza à la mayonnaise comble trèèèèès bien les envies de gras de fin de soirée.

Mots-clef du voyage:
- Golf : jeu de cartes auquel on a joué COMPULSIVEMENT tous les matins, midis, soirs, nuits.
- Krakow-Style : «Je n'ai jamais vu un peuple s'habiller aussi mal» -merci Annie pour cette illumination beaucoup trop crue.
- Yeah c'mon!! : parce qu'on devrait se mettre au tennis.
- You just go girl : parce qu'on aime ça.
- Gingerbread : wannabe Dzien dobry (bonjour)
- J'aime mon hymen : wannabe Dziekujen (merci)
- Jet-set : Jacek (notre proprio)

Oui, oui, on est full inapproprié.
Je vous reviens sur Clermont-Ferrand bientôt.

http://www.youtube.com/watch?v=t2IIe4Ij1gI&feature=related (à voir à 1min03 - découverte: Annie)

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