mercredi 1 février 2012

de Paris à l'Espagne, en passant par Clermont-Ferrand

Thème de la journée, de la semaine et du mois: le travail.
Je ne pensais pas être capable de me trouver du travail sur Paris, en fait. À cause des horaire scolaires impossibles, mais surtout à cause de mon accent.
Finalement, l'Université de Montréal est présente dans une série de salons en France qui me tiennent bien occupés.
Oh! et j'enseignerai pour les huit prochaines semaines le français au Collège d'Espagne!
D'abord, les salons étudiants. (Comme promis, je vous raconte mes aventures à Clermont-Ferrand.)
Le lendemain de mon retour de Pologne, j'ai pris le train à 7h00 pour une «escapade» de trois jours à Clermont-Ferrand. En fait, j'aurais pu y rester seulement deux jours, mais je me suis dit au moment de boucler mes billets de train que ce serait bien de pouvoir visiter la ville un peu, Clermont-Ferrand, ça ne peut être qu'une ville magnifiquement pittoresque au milieu de la France. Entre les montagnes. Avec du cachet typiquement français. Certainement de belles églises aussi.
Eh bien, non.
En fait, si, la ville, elle est belle. Belles montagnes, belles places, belles églises mais il y avait quelque chose qui clochait... au début, on se dit que c'est la fatigue. Que la horde de jeunes lycéens qui viennent nous voir au kiosque doivent sûrement être du même genre que ceux de Paris, de Rennes, de Nantes, que ce n'est que la fatigue qui bloque ma patience habituelle.... Réflexion faite, non, il y a quelque chose qui cloche là-bas.
D'abord, le salon étudiant de Clermont-Ferrand ne présente à peu près que des école de BTS ou BTU (plus ou moins les équivalents des techniques du CÉGEP), très peu d'université et, en fait, aucune universités parisiennes n'est présentes. Hum. Et nous, fraîchement débarqués du Nouveau Monde avec nos possibilités incroyables de voyager, de se rendre en Amérique, d'accomplir un programme universitaire complet, je vous jure qu'on détonnait. Et vu l'enthousiasme des organisateurs, je me doute bien qu'ils n'ont pas souvent vu des universités autre que sud-françaises. Les pauvres jeunes qui avaient l'audace de venir nous questionner étaient émerveillés des possibilités que l'on offrait sans pourtant croire que tout cela leur était offert à EUX. «Oui, oui! vous pouvez venir étudier à Montréal! Faire le grand saut! Venir goûter l'enseignement québécois! Vivre l'hiver! Tout est possible!» Et tristement, dans leurs yeux: «Non, pas pour moi.»
Il faut dire que leurs parents étaient pour quelque chose dans leur fermeture sur le monde, c'est cru dit de même mais quand le quatrième parent m'a félicité pour ma maîtrise du français, j'ai commencé à le penser sérieusement. Surtout quand, en leur confirmant que le français était bel et bien ma langue maternelle, je voyais le doute persister dans leur regard.
Il faut dire aussi que j'ai un soupçon... méchant, très méchant... mais à voir le nombre de boutons pulluler dans le visage de la totalité du village, je soupçonne que des cousins et cousines ont trouvé l'amour entre eux. (Mauvaise fille...)

Bref, ma journée-congé, vous savez celle que j'ai prise en plus? Eh, bien, c'était un dimanche. Alors, je suis allée demander à la réceptionniste de l'hôtel ce qu'il y avait à faire à Clermont-Ferrand un dimanche. Sa réponse: «Voulez-vous rester dans votre chambre? vous aurez accès au WiFi toute la journée, jusqu'à l'heure de votre train.» Avec son plus beau sourire de malaise.


Sinon, j'ai aussi été engagée au Collège d'Espagne de la Cité Universitaire pour enseigner le français à des espagnols, que je pensais jeunes et fringants. Ils sont fringants, certes, mais ils sont tous, à peu d'exceptions près, post-doctorants. J'ai une dizaine de biologistes, quelques chimistes, deux médecins, deux historiens de l'art et... une mime! L'aventure s'annonce grande! Du haut de mes 22 ans.

D'ailleurs, en allant les rencontrer hier soir, je vais à la réception du collège demander la clef ouvrant le local dans lequel je m'installe et je me fais rabrouer par la dame qui tient le comptoir et qui rouspète que les cours ne commencent qu'à 20h précises. Essayer d'être professionnelle en arrivant à l'avance n'est pas bien vu à ce que je peux voir... jusqu'à temps que je comprenne qu'elle pense que je SUIS les cours. BEN NON. Et la dame française, toute enorgueillie dans sa francaiserie, tente par tous les moyens, les plus inadéquats soient-ils, de justifier son erreur. Mmmm... pleins de plaisirs!!
Bref, Collège d'Espagne, here I come!

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