mercredi 16 novembre 2011

Paris pue.

Je crois que nous devons tous l'avouer, Paris est une ville qui pue. Dis-je installée sur un transat, au milieu du jardin du Luxembourg, sous le divin soleil de novembre. Je crois que c'est clair depuis longtemps que l'odeur ambiante est infecte. Je vois un problème là-dessous: il doit y avoir inévitablement un fait culturel qui empêche les gens de se révolter nasalement. Et deux sous-catégories à cela: les parisiens et les touristes.


Les touristes, c'est facilement réglé. Ils sont obnubilés par Paris, leur vue est tellement prise, impliquée, en constant appel de vigilance que leurs autres sens sont relayés au second plan. Il y a un blocage psychologique quant à leur odorat ce qui les empêche de grimacer constamment. Ne serait-ce que pour ne pas plisser les yeux et ainsi manquer un bout de tour Eiffel, tsé.

Pour les parisiens, je me dis que c'est deux choses: l'habitude et l'histoire collective. Encore une fois, l'habitude est une évidence. L'ambiance urinaire donne presque du cachet au RER rendu là. Et bien sûr, grimacer à longueur de journée doit donner des rides épouvantables! Non, il vaut mieux faire comme les parisiens et souffrir en silence.
D'un autre côté, je ne serais pas surprise qu'ils aient développé un mécanisme nasal qui bloquerait l'invasion odorante le temps du trajet quotidien. Un peu comme disait cet homme dont j'ai oublié le nom, dans son livre dont j'ai aussi oublié le nom et qui mentionnait l'habileté surprenante des parisiens à détecter les défections canines et à pouvoir les éviter naturellement sans avoir à pencher la tête. C'est ça, les parisiens sont une espèce humaine à part, surévoluée. Yeah, right.

Je n'oserai quand même pas aborder l'hygiène corporelle des parisiens en plus, pour ne pas me mettre la sur-race à dos, parce qu'il serait vraiment déplacé de dire que les aisselles féminines barbues gardent plus facilement les odeurs. Comme n'importe quoi. Comme la moustache par exemple. Hon. Je pardonne la moustache, c'est movember.

Peut-être aussi pouvons-nous mettre tout cela sur le compte de l'histoire populaire. Je suis certaine que vous me voyez venir avec Le Parfum de Patrick Süskind. Jean-Baptiste Grenouille faisait partie de cette race supérieure, bon, ça ne l'a pas tellement réussi, d'accord, n'empêche. Je pense aussi à La Peste de Camus, lien plus difficile à faire, qui se fait grâce à l'hygiène ambiante douteuse tout simplement, ainsi que l'invasion et l'occupation de la Ville Lumière par les germes, mais qui me conduit tout droit vers le fond de l'histoire: les rats.
(Remarquez, avant de passer au prochain point, la profusion et la panoplie de P que j'emploie. Ça PUE. ouhlala.)

Les rats. J'en ai croisé pas mal depuis que je suis arrivée, dans les rames de métro surtout. Mais l'autre soir, je suis allée boire avec un ami sur le quai d'Orléans, grosses conversations, grosses bières, toute. Toute et surtout de gros, gras et gris rats qui s'amusent à traverser le quai sans arrêt! Et comme les deux mauviettes que nous sommes; hurlements, debout sur le banc, paranoïa sur les bubons qui recouvriront bientôt nos corps. Ça se prononce pa-thé-ti-que.
Je rajoute cette fable, pour ajouter à ma niaiserie et par souci d'équité pour mes amis les rats mais surtout pour qu'ils ne viennent pas se venger cette nuit.

Bref, on va dire, par principe, qu'une ville trop parfaite ne serait pas parfaite, elle serait hors de ce monde. Bon, franchement, juste entre nous, Paris aurait quand même pu mieux choisir son imperfection. Pfff.

Paris, je te pardonne, ne t'inquiète pas.
Je t'aime.

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